Atelier d'espace urbain

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JEAN GLIBERT • L'AUTRE STATION MÉRODE

En 2020, après le premier confinement, la SNCB a fait recouvrir l’œuvre de Jean Glibert réalisée en 1976 au point d’arrêt non gardé « Merode », sur la ligne 26, par un ensemble d’une quarantaine de "fresques" ou graffitis commandés au Collectif Propaganza. Aussi délirant que cela puisse paraître, ces graffitis ont été réalisés SUR l’œuvre de Jean Glibert ! Pour visualiser le résultat et appréhender les questions que pose ce vandalisme officiel, un peu d’information est nécessaire, car il existe à cet endroit deux stations « Merode » ! Celle de la STIB et celle de la SNCB comportent chacune une intervention à grande échelle de Jean Glibert.

Illustration principale

I. Résumé des faits

 

Triste bévue, bogue majeur ou les deux ? De quoi s’agit-il ? Le métro de Bruxelles est connu pour un déploiement d’art public dans ses stations depuis le pré-métro en 1969. Jean Glibert est l’artiste qui a le plus œuvré dans ce métro puisqu’il a réalisé une intégration dans l’ensemble de la station Merode en 1976, idem dans l’espace principal de la station Bockstael en 1987, et refait le mur de 100m de long face au quai du niveau -3 de la station Merode suite à un défaut d’exécution. Trois facettes d’un travail d’espace urbain constituant un fait rare, historique.

On sait moins qu’en 1975, donc avant l’inauguration de la première ligne du métro lourd, les architectes des stations mandatés par la STIB ont également aménagé un point d’arrêt sur la Ligne 26 de la SNCB qui croisait celle du métro afin d’assurer une intermodalité. C’est ainsi que Jean Glibert a prolongé son intervention de la station Merode jusque dans… la gare Merode, y déployant sur l’ensemble des murs une œuvre à base d’Émaux de Briare d’un modèle nouveau à l’époque.

Toutes deux baptisées Merode, ces infrastructures de transit ont donc été mises en service la même année 1976. Depuis lors peu de modifications ont affecté la partie SNCB, à part l’enlèvement des plafonds suspendus à lames métalliques. Mais lors de la rénovation décidée en 2018, la SNCB a entrepris unilatéralement, sans autre procès, de masquer les parois verticales dans le périmètre fermé le week-end. Une peinture grise uniforme a littéralement neutralisé l’œuvre de Glibert et durant l’été 2020 un contrat passé avec Propaganza a conduit une quarantaine de graffeurs à réaliser des "fresques" sur ces parois… donc SUR L’ŒUVRE DE JEAN GLIBERT !!!

A-t-on remplacé quelque chose qu’on ne pensait pas être de l’art par quelque chose qu’on pensait en être ? Diamétralement opposées dans leurs langages visuels et dans leurs significations, les deux types d’œuvre sont respectables, certes pour des raisons tout aussi différentes, mais de là à utiliser l’une comme support des autres, il y a un pas que le simple bon sens aurait dû empêcher de franchir. Tel n’est pourtant pas le cas.

 

Pour info :

• Expo Vapors 4.0 à Auderghem.

Propaganza = musée.

En préparation : SQOPIQ [ On n'a pas retrouvé de cartels à Lascaux ]

 

II. Un rapport détaillé est envoyé au Ministre Georges Gilkinet, pour connaître sa position sur le sujet.

(disponible sur demande)

 

III. Le contenu de ce rapport fera l'objet d'une diffusion ultérieure.

 

 

 

Illustrations

MER AA
Hall jonction STIB-SNCB
MER BB
Plan d'ensemble STIB-SNCB
MER CC
Couloir vers la gare
MER DD
Couloir vers la gare
MER EE
Couloir vers la gare
MER FF
Tunnel sous voies vers quai 1
MER GG
Tunnel sous voies vers quai 2
MER HH
Tunnel sous voies vers quai 2
MER JJ
Escalier vers le quai 2
MER KK
Entrée quai 2
MER LL
Entrée quai 2
MER MM
Quai 2
MER NN
Quai 2
MER OO
Quai 2
MER PP
Quai 1
MER QQ
Quai 1
MER RR
Quai 1 vers STIB